Alors qu'en France on commence à parler du stalking qui reste cependant un phénomène marginal, j'ai reçu ce commentaire intéressant décrivant la situation ici sur place à Tokyo en réponse à un vieux poste.

D'ailleurs en passant si vous avez quelque chose à dire n'hésitez pas à poster sur le blog. Je n'ai pas le temps de l'alimenter régulièrement donc pourquoi pas laisser la parole à d'autres.

Message commenté : Stalker quand tu nous tiens
Adresse Internet du message : http://downtowntokyo.canalblog.com/archives/2007/11/02/6749726.html

Titre du commentaire : Désolé pour le retard, mais...

Commentaire :
J'espère que tu m'en voudras pas de répondre à un post aussi vieux. J'ai vu la date après l'avoir lu. Je suis tombé dessus au fil de plusieurs lectures sur le Net, mais je dois dire que ton texte m'a parlé et je voulais, surtout sur l'anecdote marrante de la fenêtre à la fin, apportait une expérience (dont tu n'as sûrement plus besoin 4 ans plus tard...)

Bref, je vis à Tokyo aussi. Je suis un mec et je vivais avec ma copine Japonaise prés d'Ikebukuro. Pas dans le coin qui craint, dans un coin tranquille banlieusard, à 3 ou 4 stations quand même de la fange.

J'ai eu droit à un stalker moi aussi. J'étais au 2eme étage (japonais, donc 1 pour nous), avec la porte juste au niveau de l'escalier (tu sais, les rangées d'appart à la japonaise quoi).
Et un gars est venu ouvrir ma fenêtre de cuisine, qui donne donc sur le passage public, à 2 heure du mat, à deux reprises à 10 jours d'intervalle. La première fois j'ai été super choqué, j'ai pas réalisé ce qui se passait.
La 2eme fois je l'ai fait fuir en gueulant et brandissant un couteau à la fenêtre.
Le truc, c'est qu'un an plus tard, il est revenu et, par la 2eme fenêtre, celle de la salle de bain (les fenêtres qui s'entrouvrent en diagonale, avec moustiquaire comme tu le décris), a filmé ma meuf qui prenait sa douche avec son téléphone portable. Ce soir là j'étais pas là (je reste encore persuadé que le stalker était le copain de notre voisine...) et ma copine m'a appelé paniquée en pleurant.

J'ai été frappé par plusieurs choses, que tu dénonces aussi dans d'autres posts sur ton blog : l'horrible police Japonaise, les crimes que l'on passe sous silence, mais que tout à coup on te raconte quand t'es toi même victime (putain, fallait le dire avant quoi !).

Pour élaborer, un mec avait tenté de violer une de mes voisines 10 jours avant que ma copine se fasse "agresser". La police était venu, et avait dit qu'elle reviendrait patrouillé tous les soirs...on n'a jamais vu un gyrophare. Alors j'ai engueulé le flic, dans le Japonais les plu malpoli (Kansai ben for the win) que je connais. Il s'est excusé et a osé répondre à ma copine qu'ils étaient "occupés"...je l'aurais baffé si ma copine, toute en diplomatie Japonaise, m'avait pas sortie un "shigata ga nai"...
C'est là ensuite qu'on apprend qu'il y a déjà eu plein d'histoire de viols dans le quartier d'à coté, qu'un mec qui a violé dans ce meme quartier vient juste de sortir de taule, et qu'un voyeur est allé en taule parce qu'il tentait de faire sauter les judas des portes pour faire passer un fil de fer en forme de crocher pour ouvrir les loquets et entrer en douce / mater les meufs par la boite au lettre de la porte, dans la même résidence où on habitait...Et des histoires comme ça, tous les voisines, amies et autre Japonaises (au féminin) nous en ont raconté (de l'agression au pervers, à la masturbation dans le métro...)

On a déménagé depuis. Mais je comprends pourquoi ton amie voulait fermer la fenêtre. Pendant la phase de déménagement, on a souvent expliqué la mésaventure aux agents immobiliers, pour leur expliquer clairement ce qu'on voulait éviter (ma copine était traumatisée, on le serait à moins). Bref, j'étais pas loin du cliché du "Japon, pays sûr" avant, même si j'ai presque fait le tour d'Asie et d'Océanie et que je me suis retrouvé dans des situations super tendues, donc je sais être prudent, mais maintenant je crois que je cerne beaucoup mieux le pays. Combien de viols non dénoncés, ou non punis parce que le viol est de l'aveu même de certains législateurs, un crime pardonnable ? Je crois que les crimes sexuels et de perversion sont vraiment sous évalués ici. Bref, ça reste un pays où il fait bon vivre. Mais j'ai u droit à tellement de "mini stalker", en la personne de voisin trop curieux de voir un couple mixte...tous ces regards des voisins, qui passant devant ma cuisine les jours où la fenêtre était ouverte, et qui regardaient à l'intérieur (certains repassant même en faisant l'air de rien...). On est jamais trop prudent même au Japon, surtout les femmes.

 

Arg les mansions qui ressemblent à des prisons. Si en France je préfère vivre en appart ici je préfère largement vivre dans une maison. Il n'y a aucune intimité ou "liberté" en appart au Japon. Même les maisons c'est tendu, on ne peut pas faire un simple barbecue dans son jardin car l'odeur peut déranger le voisin. Heureuement ma terrace est au dessus des toits donc no problemo. Seuls les expats se permettent des choses abusées et carréement interdites ici. Même moi j'ai été choquée. Quand je vivais à Shibuya les voisins (francophones) faisaient souvent des méga fêtes avec la musique à fond jusqu'à genre 3h du mat. Même en France c'est intolérable et si c'était pas trop mendoukusai j'aurais même pu appeler la police. Une fêtes de temps en temps (en prévenant les voisins si possible) pourquoi pas. Mais parfois c'était toutes les semaines et la musique étaient tellement forte que tout le quartier en profitait, impossible de dormir. On était dans un quartier international avec plein d'expats donc la police n'est jamais intervenue mais dans un quartier japonais et si c'étaient des japonais qui faisaient ça ce serait un très très gros scandal. De simples enfants en bas âges qui font un peu trop de bruit (normal à cet âge) peut engendrer une guerre des voisins donc combien de fois ça? Mais bon ça fait parti des bons côtés d'être gaijin, on nous pardonne des choses où si c'étaient des japonais qui les faisaient ils seraient traités de manière impitoyable.
Ce qui est triste est que beaucoup d'expats en abusent un peu trop, les méga fêtes jusqu'à pas d'heure y'en a pas mal qui ne se gênent pas. Mais on voit surtout ça dans les quartiers d'expats. Les japonais qui y vivent en profitent un peu aussi. Toujours à Shibuya quelques maisons plus loin et je suis quasi sûre que c'étaient des japonais, genre tous les week end des jeunes filles faisaient une sorte de party et métaient la musique à fond dont chanson des Aerosmith "I don't Wanna Miss a Thing" de manière récurrente. Mais au moins c'était en journée.

Les gens sont très intrusifs dans la vie privée des gens ici. Le pire du pire sont les gens qui ne peuvent s'empêcher de toucher les nourrissons dans la rue (sur le visage) et s'incrustent telles des sangsues.

Bref j'ai posté ce commentaire pour réagir sur le viol. Car j'ai lu un rapport récemment montrant comment la grosse majorité des cas n'étaient pas déclarés car on est dans une société où les victimes se "sentent", sont montrées comme des coupables. Il n'est pas rare que la police ne veuillent même pas prendre les plaintes. (De toute façon qu'attendre d'une police gangrainée par ces personnes aux comportements déviants. Toutes les semaines on a un fait divers avec un policier, un enseignant voir même un homme politique ayant eu un comportement déviant voir criminel. DSK c'est de la gnognotte ici. C'est comme pour la pédophilie, on n'est pas pédophile car on est prêtre ou enseignant, on va vers ces professions car elles permettent d'être en contact avec les cibles et d'obtenir une certaine crédibilité et confiance).

Le viol est encore un sujet très tabou. Les choses changent et changeront de manière significatives c'est sûr, mais on est encore très très loin. Personnellement pour moi les japonaises sont aussi fautives que les japonais mais c'est un autre débat. Et je n'ai de cesse de mettre en garde les gens qui croient que le Japon est une sorte de Disney Land. Et il suffit de comprendre le japonais pour avoir accès à l'envers du décors. Comme par exemple cette grosse pancarte dans un quartier résidentiel de Shibuya disant de faire attention (et surtout les enfants) aux pervers. Si une telle pancarte existe en pleine rue dans un quartier huppé et censé être ultra safe, c'est qu'il y a un gros problème. Certes ce n'est pas les States mais ce n'est pas sans danger non plus comme beaucoup le croient. Comme je disais récemment à un ami (après lui avoir raconté comment j'ai été suivie dans la rue le mois dernier par un de ces gars qui rôdent, toujours à la recherche d'une proie, en plein Shinagawa rempli de monde) j'ai eu au Japon beaucoup plus de mauvaises péripéties glauques que dans ma région parisienne natale en presque 20 ans là bas. En fait je me sens plus en sécurité là bas qu'à Tokyo. Et pourtant à Paris il s'en passe des choses.
Non pas que je me sente en danger au Japon, on va pas se faire agresser comme ça (pas encore) mais je suis ultra vigilente et sur mes gardes. Ca consiste à filtrer systématiquement les gens qui m'approchent. Grâce à ça j'ai beaucoup moins de mauvaises péripéties par rapport à quand j'ai débarqué. Il aura fallu prendre ces mesures.

Aussi les étrangères sont de plus en plus des cibles car dans l'imaginaire des japonais elles sont "perdues", ne parlent pas la langue et peuvent très facilement se faire avoir, pensant justement que le Japon c'est "safe".
On voit de plus en plus d'attaques envers les étrangères et les cas de meurtres sont de plus en plus fréquents même si pour l'instant les 1ères victimes sont surtout des asiatiques.

Tiens le mois dernier j'ai rencontré une touriste française, jeune femme de 24 ans bien "exotique" (rousse) qui me racontait comment l'un de ses 1ers soirs à Tokyo, quand on parlait des dangers potentiels, elle a été suivie en rentrant chez elle par l'un de ces gars. Elle a dû faire un détour pour le semer. Heureusement qu'elle s'en est rendu compte. Et pourtant il n'était pas très tard et c'était dans la quartier huppé de Gakugei Daigaku juste à côté de la gare= il y avait du monde (ils n'ont peur de rien).

Mais parfois on voit des trucs marrants comme ce voleur de sous vêtements (hobby très populaire) qui s'est fait prendre et qui volait les sous vêtements à l'aide d'une canne à pêche sur le balcon du dessous.

J'ai lu un article occidentale récemment aussi faisant l'éloge du comportement admirable des japonais après le tsunami, pas de pillages et tout. Il suffit de lire la presse locale pour voir les problèmes de vols, ATM vandalisés et vidés, escroqueries (usurpation d'identités, arnaques en ciblant les vieux) dans les zones dévastées.....

J'entends aussi souvent "oui mais au Japon ils ne font pas grêve" ce qui est faux. "Oui mais quand ils font grêve ils n'embêtent pas le monde" ce qui est vrai. Oui mais au Japon tous les jours on a quelqu'un qui perturbe grâvement le trafic en se suicidant en se jetant sur une voie (acte très égoïste). C'est tous les jours et certaines lignes sont vraiment à éviter. Hier c'était entre autre la Yurakucho.