Madame, Monsieur,

Mes pensées continuent d’aller vers les centaines de milliers de Japonais en situation précaire dans les zones sinistrées. Nous devons continuer à manifester notre solidarité au quotidien au Japon et au peuple japonais, en leur montrant que nous sommes à leurs côtés tout en ayant respecté le principe de précaution pour nos familles.

J’ai toujours soutenu le respect du principe de précaution prôné par la France au moment du passage du panache radioactif sur notre région le 15 mars dernier. Alors que la situation sur les sites des centrales restait précaire toute la semaine dernière et le demeure encore aujourd’hui malgré des progrès sensibles, je réitère que notre sécurité ne peut  reposer uniquement sur la direction des vents, mais qu’elle nécessite une maîtrise totale des dangers radioactifs sur les sites concernés. Le nombre d’étrangers qui sont rentrés dans leur pays ou ont choisi de se déplacer vers l’ouest afin de mettre quelques centaines de kilomètres de plus entre eux et cet accident nucléaire sans précédent, montre que la demande était forte et que cette préoccupation était celle de tous.

Encore de la manipulation des mots. La France a prôné le principe de précaution dès le début et non le 15. De quel panache radioactif il parle? Tous les relevés montrent que les radiations pour Tokyo sont infinitésimales. Au lieu de nous balancer une simultion comme ça au hasard qu'il dise ce que les chiffres signifient. En plus comme si on se fiait à la direction des vents pour notre sécurité? Ils nous prend vraiment pour des cons et juste balaye comme ça les milliers de personnes expertes ou non qui se sont mobilisées et continuent à surveiller la situation de près.
Et maintenant pour mieux se couvrir il veulent faire croire que tout était unanime. Nous n'avons pas encore traversé la tempête que déjà ils pensent à l'après. Sûrement que des objections ont déjà commencé à pleuvoir notamment parmi ceux qui sont partis. Non la préoccupation qui était celle de tous était d'être informé en temps réel de la situation avec des infos fiables et précises pour savoir quelle action prendre et à quel moment. Et on le voit maintenant les expatriés qui ont fuit se mettent (enfin) à analyser la situation, essayer de comprendre ce qui se passe vraiment et comble de l'ironie (pour ne pas dire pathétique) appellent maintenant à "dédramatiser". Mais bien sûr tout ça bien au chaud depuis leur lointain Kansai ou un autre pays.


Le Centre de crise (CDC) du Ministère des Affaires Etrangères a pris maintenant le relais depuis Paris pour répondre à toutes vos questions, libérant ainsi la vingtaine de fonctionnaires qui se relayaient 24 heures sur 24 depuis une semaine à Tokyo (avec une moyenne de plus de 1000 appels par jour) . L’Ambassade reste ouverte à Tokyo et se concentre sur ses objectifs prioritaires que sont la sécurité de la Communauté française restée sur place et le contact permanent avec les autorités japonaises, notamment pour mettre en œuvre les coopérations futures.

Pour contacter le CDC :
- Depuis le Japon : 03 5798 6000, tapez sur le 1  ("Si vous souhaitez des informations sur les évènements actuels")
- Depuis la France : 01 43 17 56 46
("Vous êtes bien à la Cellule de crise")
- Indiquez la nature de votre demande

Je vous rappelle que la distribution préventive de capsules iodées continue à l’Ambassade. Plus de 2000 ont déjà été distribuées. Le consul Philippe Martin contacte actuellement tous les îlots éloignés.

J’ai une confiance totale en la capacité des Japonais à gérer cette crise. Mais si je reste préoccupé, c’est en raison du caractère exceptionnel de cette situation qu’aucun autre pays n’avait jamais connue dans le passé, et qui nécessite la plus grande vigilance.

Certaines critiques se sont déjà fait jour quant à la pertinence du principe de précaution. Or la gestion d’une crise suppose la prise rapide des « meilleures » décisions alors même que l’on ne possède pas encore toutes les informations. Ces décisions peuvent être critiquées a posteriori par certains, car ils disposent à ce moment-là de recul et d’informations complètes.

Ah ben qu'est ce que je disais? Ils doivent maintenant faire face et rendre des comptes, voilà pourquoi tout ceci. Et non la critique n'est pas "a posteriori", dès le début beaucoup ont protesté contre l'appel à la panique orchestrée entre autres par l'ambassade de France, car ils peuvent appeler ça comme ils veulent ils ont réellement créé hystérie et panique. Au lieu de rester rationnels chacun en est allé de son propre fantasme. Ce fut vraiment violent. A l'heure où je parle il doit rester 10% de la population étrangère (non asiatique) sur Tokyo. Imaginez un tel exode en seulement 5 jours! Autour de moi seulement 1 personne est restée! Ceux qui sont en contrat locaux et risquent de perdre leur travail commencent à rentrer aujourd'hui (jour férié). Dès le début les éléments en possession permettaient de dire qu'une évacuation de Tokyo n'était pas nécessaire. Bon il y aura toujours les sceptiques qui ne croient en rien sauf en leur propre instinct. Et bien ceux la feraient bien de ne pas revenir car Fukushima ça va prendre des mois, Tokyo est et restera toujours dans une zone dangereuse pour les séismes. Un séisme n'est pas prévisible! (Quoique M. vient juste de me montrer une application iphone qui soit disant prévient 10 secondes avant un grand séisme ^^;.....soit disant ça l'a fait la semaine dernière). Bref c'est une ville où il y aura toujours un risque. C'est la même chose partout dans le Japon d'ailleurs. Cela ne sert à rien de vivre ici si on n'est pas préparé à vivre avec cette épée de damoclès.


L’Ambassadeur Philippe Faure, entouré d’experts internationaux de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), a pris la décision qui s’imposait. La simulation du déplacement du panache radioactif depuis le 12 mars 2011, disponible sur le site de l’IRSN, est suffisamment explicite :
http://www.irsn.fr/FR/popup/Pages/animation_dispersion_rejets_19mars.aspx

Je cautionne et soutiens la nécessité du principe de précaution.

Aujourd’hui, je partage le souci de nos compatriotes qui se posent la même question : quand finira cette crise, quand retournera-t-on à une vie normale ? Je suis bien incapable de répondre à cette question tant que l’incertitude perdurera sur le site de Fukushima, ce qui est malheureusement encore le cas aujourd’hui.

Une autre préoccupation qui apparaît dans notre communauté est celle liée à l’éducation. Je suis conscient que tous nos enfants ne sont pas forcément scolarisés au Lycée franco-japonais de Tokyo (LFJT). Je souscris à ce que m’écrit un parent d’élève : « Il est maintenant temps de mobiliser nos efforts pour rebondir comme le font les Japonais. L’évacuation des Français a été très bien gérée,  il faut maintenant gérer aussi bien le rappel avec encore plus d' énergie et de détermination. L’école doit réouvrir au plus vite afin que l’éducation de nos enfants au Japon reprenne au plus vite comme celle des enfants japonais. »

Je sais également que certains de nos compatriotes doivent faire face à des difficultés financières dans le Kansai ou ailleurs, suite à leur départ du Kanto. Sachez qu’un tissu de solidarité se met en place pour eux dans le Kansai, à Kyushu, en Corée, ou à Hong Kong, afin de trouver notamment des solutions d’hébergement. N’hésitez pas à vous faire connaître auprès du Consulat Général de Kyoto, des associations françaises ou de moi-même si vous désirez un soutien..

Mais que représentent nos difficultés face aux centaines de milliers de Japonais qui ont perdu un proche, leur maison, tout espoir d’une vie normale avant des mois voire des années ??? Vous êtes des centaines à me poser la même question : que pouvons-nous faire pour ce pays et ce peuple japonais que nous aimons ?

Etre unis et solidaires, c’est continuer à travailler avec nos collègues et nos clients japonais. 55% des sociétés françaises déclarent continuer une activité normale (sondage de la CCIFJ) le mardi 22 mars.

C'est pas beaucoup.

C’est aussi exprimer notre solidarité vis-à-vis des populations sinistrées. Toute offre française dans les régions sinistrées doit être accompagnée d’une solution logistique en raison de la pénurie d’essence et autres difficultés d’acheminement. Participer à des campagnes existantes, déjà structurées, comme celle du gouvernement de Tokyo , peut s’avérer plus efficace.

Nous pourrions, si vous le souhaitez, nous retrouver à Tokyo afin de décider de la meilleure manière d’accompagner les actes de solidarité mentionnés au point 4. (Message de l’Ambassade : La France solidaire du Japon dans l’épreuve) ou les compléter.

En ce qui concerne mon action à venir, après ces deux derniers jours passés à répondre à plus de 1 000 demandes individuelles (et 600 autres en attente de traitement), en particulier dans le cadre du retour en France et de la campagne de capsules iodées :
1. Je vais continuer à publier un bulletin quotidien d’informations, complémentaire à celui de l’Ambassade, qui relaiera aussi toute information d’utilité générale ;
2. Soucieux de la population française restée dans le Kantô, je souhaite pouvoir relayer au mieux vos préoccupations auprès de nos autorités et les informer des cas particuliers qui demandent une action précise. N’hésitez pas, comme vous êtes nombreux à l’avoir déjà fait, à m’envoyer vos messages.
3. Je vais également rencontrer les communautés françaises déplacées sur Nagasaki, Fukuoka, Hiroshima, Kobe, Osaka et Kyoto, en relation avec les AFJ locales, l’UFE et l’ADFE, l’AFFJJ, ainsi que toutes les autres associations, et avec le soutien de nos postes consulaires, du réseau des Instituts Français et de nos consuls honoraires.

Restons vigilants aux instructions du Gouvernement japonais,

Bien à vous,

Thierry Consigny

Franchement j'ai presque de la peine pour Thierry Consigny. Il a été notre seul vrai interlocuteur tout du long, si bien que certains pensaient que c'était lui notre ambassadeur ^^;. Il est de tous les fronts, a géré tant bien que mal et on peut le remercier pour ça.