J'avais déjà fait des billets là dessus. J'ai reçu beaucoup de questions à ce sujet donc je profite d'un article paru cette semaine qui dépeint mieux que je ne l'ai fait la situation sur place. Ci dessous la traduction en français depuis l'anglais:

Article paru dans le Shukan Jitsuwa (Véritables Histoires Hebdomadaires)
http://en.wikipedia.org/wiki/Shukan_Jitsuwa
Bon c'est en anglais mais je vais pas tout traduire non plus.

"Les nuits d'été grouillant de jeunes filles vendant facilement leur corps 24h/24"

Le fait que de jeunes filles font ce qui est appelé l'enjokosai ou rendez-vous contre compensation n'est pas nouveau. Pourtant, observe le Shukan Jitsuwa, l'abondance d'écolières pendant les vacances d'été combiné à l'économie en grande difficulté font que Tokyo n'est à présent rien d'autre qu'un marché où l'offre fuse.

Le tabloïd cite les quartiers animés de Shinjuku, Ikebukuro, Shibuya comme des endroits typiques pour ce business. De nombreuses jeunes filles migrent depuis la campagne et offrent de gros rabais, plus communément appelé gekiyasu enko (relations/enjokosai bon marché), étant donné que la norme pour les salariés est maintenant de recevoir des bonus sévèrement réduits. (nb: Traditionnellement à la fin de l'année les salariés reçoivent de très gros bonus pouvant atteindre 1 an de salaire, mais avec la crise tous ces privilèges commencent à disparaître).

Une jeune fille de 19 ans venant de la préfecture de Niigata est assise à un coin de rue. "Je suis venue à Tokyo pour me faire de l'argent pendant 1 semaine", dit la fille aux cheveux décolorés." Je n'ai qu'une centaine de yens. Ce soir je n'arrive pas à trouver quelqu'un. Si quelqu'un paie 5000 yens et l'hôtel c'est acceptable...."

A Shibuya, l'auteur trouve une fille très bronzée et en mini jupe (nb:surement une ganguro http://fr.wikipedia.org/wiki/Ganguro).
Elle n'offre pas du sexe, seulement avec les mains (nb: noter que pour eux il y a une différence), et prend en charge 5 clients par jour. Appelé Tekoki enko (Relations avec les mains), le service coûte 3000 yens le coup.

Cependant, les filles vont souvent s'abstenir d'agir en solo et vont utiliser des agents, dont le rôle est d'attirer les potentiels bons clients avec des commissions de 50 000 yens par jour. Sur les sites ou à travers les publicités dans les journaux sportifs du soir, les proxénètes collecteront des clients intéressés par des jeunes filles de type lolita et organiser un rendez vous avec une deri heru ou call girl dans un love hotel.

"Une lycéenne peut gagner 50 000 yens par jour", explique le journaliste d'un quotidien national. "Pour une collégienne c'est environ 70 000 yens. Mais récemment les écolières (école primaire) ont été capables de rapporter 120 000 yens pour 1 passe".

L'argent c'est juste une chose, dit l'auteur. Les filles trouvent aussi l'arrangement plus sûr que de travailler solo car les chances de tomber sur un client à problème sont réduites.

"Si la police sévit", continue la source, "il y aura toujours une fille prête à servir. Il y a tellement d'étudiantes à disposition pendant les vacances d'été".

Les cafés appelés Deai Kei vont souvent se spécialiser dans la mise en relation avec des prostituées. Les filles entrent gratuitement et peuvent surfer sur le web ou lire des manga. Les hommes observent leurs activités à travers un miroir teinté et ensuite choisissent une fille qui correspond à leur envie. Ensuite le couple se déplacent dans une autre cabine et parle pendant 10 min. S'ils conviennent d'un accord, l'homme paiera une somme au café et les frais de transport de la fille avant de commencer le rendez vous.

Quand les vacances d'été commencent, note Shukan Jitsuwa, les cafés sont complets.

"La plupart des deai cafés (cafés de rencontre) sont uniquement liés à la prostitution", explique un écrivain spécialisé dans les mœurs Yukio Murakami. "Probablement de 70 à 80% des filles accepteront des rapports sexuels si le prix est correct".

Le magazine change alors d'endroit pour aller dans une rue remplie de kyabakura clubs, qui offrent des services d'hôtesses, pour examiner l'arnaque dont sont victimes les étudiantes en université.

Les universités de Waseda, Rikkyo, Meiji et Gakushuin sont d'habitude bien représentées mais de nos jours l'université privée pour filles de Tsuda et l'université d'Aoyama Gakuin, connues comme étant les écoles de "princesses" étant donné que les filles de familles riches y sont nombreuses, font maintenant leur entrée en scène dans le business. (nb: Quand je disais à certains que dans le métier d'hôtesses il n'y avait pas que des "looseuses" mais aussi des filles très respectables, du moins en apparence car en fait ce sont souvent les pires les filles de ces milieux...voir mon billet sur les hôtesses....comme quoi il ne faut pas tout mélanger et savoir faire la part des choses).

L'escroquerie prend place au moment du recrutement. Les étudiantes se verront offert un poste basique de kyabakura (soit parler avec le client) pour se rendre compte plus tard qu'il s'agit en fait d'un sekukyaba (Sex Cabaret), où embrasser, tripoter les poitrines est aussi permis , ou en ichakyaba, où les attouchements ont lieux à travers les vêtements.

"Même quand elles découvrent qu'embrasser et que les attouchements sont permis elles ne vont pas démissionner car elles sont payées" dit un employé de kyabakura. "C'est facile de les tromper parce qu'elles ne savent pas comment le monde de la nuit fonctionne."

Il semblerait que les fugues n'ont rien à envier. Les filles à problèmes vont poster des demandes de logement sur les sites internet. "Dans les annonces, elles utilisent le mot kami (dieu) pour décrire le candidat potentiel mais en fait c'est un okami (loup)," explique le rédacteur d'un magazine sur les affaires de mœurs. "Comme personne ne va offrir un logement gratuit, ils vont demander du sexe en échange. Et comme les filles sont en fugue, elles n'ont aucun moyen de recours s'il y a un problème. Je connais une fille qui s'est retrouvée droguée et s'est faite violée".

En parlant de drogue, la consommation de shabu (nb: surement une drogue) est en très d'augmenter de manière alarmante, rapporte le magazine. Les filles inexpérimentées vont l'essayer pour la 1ère fois dans une boîte de nuit, peut être Shibuya. "Un vendeur dira aux filles qu'elles peuvent planer avec de l'ecstasy pour 5000 yens", rapporte une personne dans l'industrie du clubbing. "L'ecstasy est une drogue qui augmente le plaisir sexuel, et un essai peut mener à une consommation répétée."

Les autorités disent au magazine que l'été peut être le début d'un dangereux parcours. Elles peuvent penser qu'elles ne vont faire de l'enko "seulement pour les vacances d'été", dit une source liée à la police. "Mais ce n'est que le début. Un peu de stress et elles peuvent commencer à aller dans les Host club. Elles peuvent aussi commencer avec la drogue, accumuler des dettes, avoir des troubles mentaux ou souffrir de maladies physiques. La vie peu devenir bizarre. C'est dangereux de gagner de l'argent dans l'industrie du sexe, et c'est mieux de rester vigilent."

Deri Heru: ou Delivery Health. Ce sont en fait les escorts ou call girls. L'industrie est énorme. D'ailleurs quand on dit que les japonais ont peu de rapports sexuels (entre personnes mariées) et que dans le même temps les Love Hotel sont plein à craquer...
Encore des statistiques au Japon qui peuvent laisser dubitatif sur ce qu'on voit dans la vie de tous les jours.
L'industrie n'est officiellement reconnue que depuis 1999 et en 2001 elle était estimée à 500 milliards de yens selon un rapport de la police, soit 1/3 de l'industrie du sexe au Japon. Il y a plus de business de deri heru que de Mc Donald's (soit environ 4000 en 2001). Sans parler du business en ligne. On estimait à environ 150 000 femmes le nombre qui travaillaient comme deri heru escort.
On trouve même souvent des prospectus pour ce genre de services dans les boîtes aux lettres. (Le Japon utilise encore beaucoup le prospectus comme moyen de publicité) et business is business, au dos il y a même un formulaire si on veut postuler soi même et offrir ses services. Le deri heru est moins cher que les soap traditionnels et plus pratique d'où sont expansion.
Je me souviens la 1ère fois que j'étais allée au japon, soit en 2000, on en voyait souvent dans les cabines téléphoniques.
Pour en savoir plus: http://yenx.blogspot.com/

Deai Kei: Les deai kei kissa sont la même chose que les manga kissa sauf que là c'est pour faire des rencontres. En gros un endroit où la demande pourra rencontrer l'offre pour faire de l'enko. Ca marche aussi en ligne avec les deai kei site. Si je savais que les sites de rencontres japonais ne servaient quasiment qu'à ça (rencontre entre l'offre et la demande pour de la prostitution), et que certains manga kissa servaient de love hotel, je ne savais pas que ce genre de bars existaient. Après on dit qu'il est difficile de faire du business au Japon...il suffit simplement d'avoir la bonne idée qui répond à une demande.....